SIX MOIS EN THAILANDE

13 avril 2006

Songkran



C'est le nouvel an thaï. Une fête gigantesque. Cela va durer 3 jours. Une immense bataille d'eau et de talc à l'echelle de tout un pays, a laquelle tout le monde participe dans un esprit bon enfant. Inimaginable chez nous, il y aurait forcément des débordements. On s'amuse comme des petits fous, c'est bon de retomber en enfance. Bon, on vous laisse, on y retourne!

09 avril 2006

Station Total

Crise politique


La Thaïlande est une monarchie constitutionnelle. D’un coté, le Roi RAMA IV, sans pouvoir politique, mais disposant d’une forte influence morale et spirituelle ; de l’autre le 1er ministre, Thaksin Shiwanatra, qui dirige le pays.
Sorte ce Berlusconi thaï, Thaksin est milliardaire, et consacre l’essentiel de son énergie à retailler les lois au gré de ses intérêts.
La plupart de ses entreprises se voient arbitrairement attribuer les marchés publics.
Il dispose par ailleurs d’un « glorieux » CV politique : ancien chef de la police, il a quasiment éradiqué la culture et le trafic de drogue dans le pays, en brûlant les champs et coupant les têtes des dealers. Il fait face à la rébellion musulmane avec la même détermination. Premier gouvernant à avoir instauré des mesures sociales en faveur des plus pauvres, il est très apprécié des classes populaires, notamment chez les paysans de l’est du pays. Mais les affaires de corruptions qui l’entourent commencent à lasser les classes moyennes.

Il y a 3 mois, il a vendu aux Chinois son entreprise de téléphonie, considérée par les Thaïs comme faisant partie du patrimoine national. Il n’a bien sur pas oublié d’instaurer préalablement une loi l’exonérant d’impôts sur les bénéfices.

Ce fut une goutte de trop pour de nombreux Thaïs, et plusieurs manifestations ont eu lieu dans le pays. Pour réagir, Thaksin vient de dissoudre l’assemblée, espérant rasseoir son pouvoir (tiens, j’ai déjà vu çà quelque part !).

Les élections ont eu lieu samedi dernier, et les partis adverses, refusant de jouer le jeu, n’ont pas présenté de candidats et ont appelé à voter blanc (le vote est obligatoire ici). C’est ce qui s’est passé dans de nombreuses circonscriptions, les candidats du parti de Thaksin n’arrivant pas à réunir les 20% nécessaires pour valider leur élection.

Lundi, après une longue entrevue avec le Roi (ces deux là ne se sont jamais vraiment appréciés), Thaksin a présenté sa démission au peuple. De nouvelles élections vont avoir lieu.
Tout ceci ne va évidemment pas dans le sens du développement économique du pays, déjà pas très vigoureux.

Affaire à suivre…